évènement

Marie-Noelle GONTHIER & Roland ROURE • du 23 mai au 14 juin 2026


Vernissage samedi 12 septembre

Visite libre samedi et dimanche de 15h à 19h,
les autres jours sur RDV auprès de Brigitte • 06 70 24 05 90


Marie-Noelle GONTHIER, peintre

Marie-Noëlle Gonthier, qui apprit d’abord la gravure, s’est ensuite adonnée essentiellement au collage. Mais c’est pourtant à la frontière entre celui-ci et ce qu’on nomme la peinture que s’ouvre sa recherche. Dans un grand trouble de la sensation et de la pensée.

Une étape importante fut la venue de ces suites d’œuvres en carrés de petit format que Marie-Noëlle Gonthier a nommées Livres d’heures. Il y apparaissait à a fois et dans le même mouvement des figures et un espace. Des figures à l’individualité naissante qui prenaient soin de se tenir en deçà de la représentation et du reconnaissable, pour rester en puissance d’elles-mêmes. Un espace qui n’était que l’aube d’une profondeur tout en se souvenant du mur : un espace signifié, proche en cela comme en la sensualité de son grain des fresques de l’Angelico, de Giotto et de quelques autres.

Alors c’est en toute logique, une logique où s’articule le corps même de la peinture, que sont nées ensuite les Elégies, de grands tableaux où se joint à un champ de nudité un soubassement où nous avons vu une prédelle, semblable à celles formées de tableautins racontant une histoire que l’on trouve dans les retables de haute époque. Les figures, le récit, le temps, et le pur chant de l’espace.

Avec la série concomitante des Matinaux, la ligne de partage n’est plus entre l’espace et les figures mais entre le ciel et la terre, tout simplement, si l’on peut dire, puisque de leur séparation ne naît rien de moins que le monde. Et le paysage, à partir de ce qui nous vient du plus loin, l’horizon. La ligne que dessine celui-ci est rétablie dans ses prestiges essentiels : elle unit cela même qu’elle sépare. A travers un chemin de lueurs que les paysagistes hollandais du dix-septième siècle surent redécouvrir, avec la présence que la justesse infinie des intensités fait se lever dans la pénombre, ainsi qu’elle apparaissait sous le pied de l’ange de l’Annonciation de Vinci conservée aux Offices à Florence.

Jean Planche

Formation et parcours professionnel
Formation à l’Ecole des Beaux-Arts de Valence puis de Lyon avec obtention d’un diplôme national de gravure
Résidence à la Casa de Velazquez de 96 à 98
Pratique du collage depuis les années 85, à laquelle s’ajoute celle de l’empreinte par frottage à partir de 2005
Travail d’ouverture de l’espace et de genèse de la lumière qui nous rendent présent au monde – recherche mue par un désir profond, une nostalgie de la source dont parlent, chacun à leur façon, aussi bien Kandinsky que la mystique soufie, ou encore les anciens peintres lettrés chinois que j’affectionne particulièrement.
Autant de séries successives, autant de pistes tracées entre terre et ciel, proche et lointain, ombre et lumière, visible et invisible, pour tenter de rendre compte de l’épaisseur du monde et l’énigme de l’être, et le mystère d’un souffle commun.

https://marienoellegonthier.wordpress.com


Roland ROURE, sculpteur

Né en 1940 Roland Roure s’immerge dans la peinture dès 1955 à la Grande Chaumière sous l’influence écrasante de Picasso et Matisse, confondant alors la forme et le fond. Attiré par les chapiteaux romans, les arts dits primitifs et populaires, il découvre aussi Seurat, Watteau. Isolé, nageant à contre courant, noyé, il abandonne la peinture en 1966, quitte Paris pour la Provence d’où est originaire son grand-père paternel.
Il restaure des maisons, plante deux hectares de vigne et en attendant que ça pousse, fait des jouets, d‘abord pour sa fille puis son fils, la forme jouet lui assure une renaissance. Il fait des girouettes pour se concilier le vent qui face au Ventoux, souffle dans la combe orientée nord qu’il habite à Villes sur Auzon, expose et vent ses jouets et autres facéties en forme d’humoresque au marché des artisans lors du festival d’Avignon.

En 1974 un article du Monde le fait remarquer par l’Editeur Robert Delpire qui l’invite à exposer dans sa Galerie à Paris, puis au Musée des Arts Décoratifs alors sous les auspices de François Matthey, homme curieux et anticonformiste, reçoit commande en 1982 d’une crèche animée (achat d’état) en forme de polyptique encadrée par l ‘Annonciation et la Fuite en Egypte, ceci après avoir fait un jeu de massacre pour les saltimbanques à Aix en Provence, et un spectacle de marionnettes sur la musique de Darius Milhaud présenté au Festival de la Sainte Baume en présence de John Cage et autres musiciens d’importance de l’époque et conté le souvenir d’une archétypique noce, l’animant et éclairant l’érotique de ce rite de passage à l’aide de feux d’artifice.

Ses jouets, montrés dans nombre de centres culturels, ont été achetés par Alechinsky,De Castelbajac, Delpire, Andrée Putman, Cartier Bresson, Agnès B et autres artistes. Entre dans de grandes collections en Allemagne où il expose régulièrement ainsi qu’en Suisse , Belgique, Hollande, Danemark et USA notamment au Musée d’Aspen, Colorado où toutes ses œuvres rentrent dans la collection Chermayeff et Associé. Il réalise les décors de cinq ballets dont un pour le centre de recherche de l’Opéra de Paris, et deux décors d’opéra l’un au Chatelet où il retrouve Jean-Luc Choplin qui l’avait invité à la Sainte-Baume, l’autre à la Péniche Opéra.
Trois films ont été fait sur son travail, deux en France (Centre Pompidou et La Cinq) et en Allemagne (ZDF)`.

Censuré en 2002 pour une sculpture allégorique montrant un homme habillé aux couleurs de la nature œuvrant sur elle avec un fusil, là où les artistes étaient conviés à faire l’éloge de la nature. Depuis lors travaille, plus singulier que jamais en son atelier cultivant un jardin secret où le sous-jacent  du langage commun  nourrit son œuvre. Par le biais du poétique, en déroulant par jeu l’histoire avec du fil de fer, il trouve à rendre compte des tremblements de désir d’un couple. En découpant une surface et la déployant dans l’espace en évitant la chute, il rend compte des prouesses du cirque aussi bien que d’Icare. En faisant coïncider le fond et la forme, il aborde les mythologies, la mer, la maternité, le conte, oppose sa vision aux thèmes traités par Picasso, donne version en son langage des thèmes éternels hors de toute école, en donnant parole aux matériaux qu’il travaille, mais en dialogue avec les Maîtres.